Collection des Musées de l'Agglomération du Bocage Bressuirais, M0840-2008-4.12.3

 

 

Bressuire trouve son nom dans une forme latinisée d’un nom celtique, composé des termes « berg » (la montagne) et « durum » (la forteresse) qui, liés, forment le nom de Berzocarium au XIe siècle signifiant la « forteresse de la colline », peut-être en référence au castrum bâti sur une hauteur. Plus tard, le nom se transforme en Berchorium au XIIe siècle, pour devenir Berssuyre au XIVe siècle.

 

Bressuire n’est citée que tardivement, au Moyen Age, au XIe siècle, lorsque le vicomte de Thouars donne une église, Saint-Cyprien, au monastère de Poitiers du même nom, au pied d’un « castrum que vocatur Berzoriacum »,

Surplombant les alentours, le castrum devient un véritable château, édifié par étapes successives et renforcé au cours des siècles, comme peuvent en témoigner certaines tours de défense ou des portes, de différents styles. Il deviendra même l’une des plus puissantes forteresses de l’Ouest du royaume.

Dès le XIe siècle, et jusqu’au XVIe, les seigneurs de Bressuire appartiennent à la famille des Beaumont qui rendent hommage au vicomte de Thouars. Le premier seigneur de Bressuire identifié semble être Thibaut Ier de Beaumont.

Bressuire va rapidement se développer à partir du XIIe siècle et, petit à petit, revêtir une structure qui ne changera guère avant le XIXe siècle. La ville est divisée en trois paroisses : Saint-Jean immédiatement à l’est du château, Saint-Nicolas à l’intérieur de l’enceinte castrale et Notre-Dame dont l’église apparaît dans un document en 1090 et qui devient une figure emblématique de Bressuire, tout comme le château. Seuls trois faubourgs débordent de l’enceinte qui ceinturent la ville : Sainte-Catherine au Nord, Saint-Jacques au Sud et Saint-Cyprien au Sud-Ouest.

Collection des Musées de l'Agglomération du Bocage Bressuirais, M0840-2010.3.2.a
Archives Municipales Bressuire, 11 Fi 129

La ville va connaître un développement des activités textiles au Moyen Âge. La présence de la rivière du Dolo favorise l’implantation de plusieurs moulins, notamment à foulon. Bressuire devient alors une cité drapière ; de nombreux fileurs, tisserands, marchands et drapiers profitent de la proximité avec la Bretagne, le nord ou encore l’Angoumois. Dans le Poitou, ils sont nombreux à effectuer cette activité. La fête des drapiers, célébrée le 3 février, à la Saint-Blaise, rassemble de nombreux marchands ambulants, témoignant ainsi de l’importance du commerce du textile dans la province du Poitou. L’apogée de Bressuire est certainement atteint au XIVe et XIVe siècle.

La guerre de Cent ans est l’événement décisif qui marque un coup d’arrêt au développement de Bressuire. La ville passe successivement entre les mains des anglais et des français ce qui n’a pas manqué de provoquer des dégâts difficiles à évaluer aujourd’hui mais qui n’ont pu que gêner durablement l’agriculture et l’industrie. Bressuire passera définitivement dans le giron du royaume de France en 1371 avec l’entrée victorieuse de Du Guesclin dans la ville.

La ville connaîtra un certain renouveau sous le règne de Jacques de Beaumont (1420-1492) qui devient Chambellan du roi Louis XI et sénéchal du Poitou. Grâce aux rentes royales, il entreprend de nombreux embellissements au château de Bressuire pour en faire une magnifique résidence, typique de l’architecture de cette fin du XVe siècle.

Passés les affres de la guerre de Cent ans, l’activité économique reprend à Bressuire, et notamment l’activité textile qui fait travailler peu ou prou un chef de famille sur trois au milieu du XIVe siècle.

Au XVIe siècle, les guerres de Religion touchent tout le royaume y compris la province du Poitou dont une partie non négligeable de la population se convertit à la religion protestante. L’introduction de la Réforme dans la province se fait par l’intermédiaire des marchands de draps, en relation avec l’Allemagne (départ des idées luthériennes) ou bien par la présence de missionnaires. Des disciples de la RPR (Religion prétendue réformée) sont peut-être passés à Bressuire, y ont vécu, une communauté a pu s’y développer, comme en témoigne la mention d’un « cimetière des huguenots », en 1746.

Même si Bressuire n’est pas beaucoup mentionnée dans les affrontements entre catholiques et protestants, elle se trouve sur la route entre Fontenay-le-compte et Saumur, et la répression catholique, les affrontements entre les deux camps n’échappent pas à la ville. On sait par un témoignage que le monastère des franciscaines de Bressuire a subi des destructions pendant le conflit.

Avec les guerres, le développement de la ville cesse. Au XVIIIe siècle, même si l’activité textile se maintient à Bressuire avec la production de tiretaines, son déclin est déjà noté et dépasse largement le cadre du bocage. La ville subit une décroissance démographique. Le nombre d’habitants ne cesse de diminuer pour atteindre à peine 2 000 individus à la veille de la Révolution en 1789.

Billet de confiance de l'époque Révolutionnaire, signé du Maire Delouche, Maire de Bressuire, Archives Municipales Bressuire 75 Z 2

Durant la guerre de Vendée, la ville est patriote au sein d’un bocage royaliste. Elle résiste aux premiers assauts de la révolte paysanne née à Moncoutant en août 1792. Au printemps 1793, le bocage bascule dans la guerre de Vendée et Bressuire tombe aux mains de l’Armée catholique. En mars 1794, le général républicain Grignon la livre aux flammes qui ne laissent que peu de maisons intactes. La population n’a eu d’autre choix que de se réfugier dans les zones alentour. Ces réfugiés de la Vendée vont gagner dans un premier temps Airvault, à l’est, Saumur, au nord, Niort, au sud, avant d’être éloignés à plus de vingt lieues du théâtre de la guerre, comme le stipule l’arrêté des représentants du peuple (Hentz, Garrau et Francastel) du 2 ventôse an II (20 février 1794). Les Bressuirais iront jusqu’à Poitiers mais aussi, plus loin le long de la vallée de la Loire, Blois et même Orléans.

Archives Municipales Bressuire, 1 O 2

La période révolutionnaire laisse la ville exsangue. Il lui faudra beaucoup de temps pour se relever. Les élus bressuirais ne prendront possession du nouvel hôtel de ville qu’en 1831.

Avec l’arrivée du chemin de fer en 1868, le paysage urbain hérité du Moyen Âge va être considérablement modifié. La voie-ferrée coupe désormais Bressuire en deux. De nouveaux quartiers sortent de terre, au sud et au sud-ouest, débordant les vieux remparts en ruine. Des boulevards sont perçés pour donner accès à la gare et à ses installations. La vieille ville s’aère.

 

 

La ville devient un nœud ferroviaire régional important et, grâce aux nouveaux échanges commerciaux , Bressuire et sa région se développent. L’agriculture est stimulée par la possibilité de nouveaux débouchés et l’industrie tire profite de l’arrivée du rail. Le commerce, le bâtiment sont dopés par l’augmentation rapide de la population : de 2 820 habitants en 1866 à 4 723 en 1891.

La première moitié du XXe siècle est marquée, comme partout ailleurs en France, par les deux guerres mondiales. Au cours de la première, la ville perd plus de 160 de ses enfants. La seconde voit la ville occupée par les Allemands ; elle connaît son lot de réquisitions, de couvre-feu, d’ arrestations, les juifs y sont aussi raflés.

A partir des années 1950, Bressuire retrouve un dynamisme important. Sa population augmente rapidement, en partie grâce à l’exode rural, passant de 6 070 habitants en 1946 à 9 700 en 1960. La ville s’étend dans toutes les directions avec de nombreux lotissements et immeubles collectifs.

Le pôle agroalimentaire, l’abattoir et ses industries annexes, joue un effet d’entraînement sur l’activité locale, notamment sur le secteur des transports. De nombreuses autres activités industrielles s’implantent en bocage, surtout dans la metallurgie et le textile. Mais la crise qui débute en 1974 marque un coup d’arrêt au développement de Bressuire, Comme partout ailleurs, les usines ferment, le chômage augmente.

A partir des années 1970, Bressuire va profiter d’une jeunesse nombreuse et faire du sport et de la culture des leviers de développement. La ville acceuille alors plus de 6 000 scolaires dans ses nombreux établissements.

Les années 2000 permettent à la ville de trouver un nouveau souffle, un nouveau dynamisme. De nouvelles zones d’activités économiques ouvrent à la périphérie. La population continue d’augmenter, assurance pour les commerces, notamment de centre-ville, d’une activité constante et renouvelée. L’ouverture de Bocapole en 2006 permet enfin de donner à Bressuire et au bocage qui l’entoure une notoriété qui dépasse largement le cadre local.

Guy-Marie LENNE, Président Histoire et Patrimoine du Bressuirais (HPB)
Lucile VENDE, étudiante 3ème année en Licence d’Histoire, Angers
Mars 2020

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